La ferme biologique LA PLEINE LUNE

Merci, cousine

Kathelijne J’ai grandi entre les vaches. Très vite j’ai su que je ferai quelque chose avec des animaux plus tard, mais de façon plus créative, quelque chose avec mes mains. Une cousine de ma mère avait un élevage de chèvres. Ces gens travaillaient dur, mais pouvaient également profiter de la vie. Cela me donnait envie… En 1994 nous avons démarré avec une poignée de Saanen et quelques Alpine brun foncé. Nous étions dès le début passionnés par le bio mais nous avions au départ beaucoup trop de travail pour apprendre et pour affiner l’élevage de chèvres et la fromagerie. Même si mon mari Bart n’est pas né à la ferme, il a heureusement un désir de fermier très profond, ainsi que l’envie de s’occuper de notre environnement. Nous ne vivons pas dans notre cloche ici. Nous croyons que tout a un lien et que les choses se renforcent également. Le pas que nous avons fait vers une entreprise biologique n’était une suite logique…

Bio XL

Bart En 2002 nous avons opté pour l’élevage biologique. Les préparatifs duraient déjà 2 ans à cette époque. Une telle transition demande du temps. Le sol doit pouvoir se rétablir et les chèvres doivent pouvoir pâturer dehors. Ainsi nous avons acheté plus de terrain. Pour nous, le biologique signifie beaucoup plus que le petit fromage que nous fabriquons. Nous essayons de soutenir l’équilibre précaire d’un écosystème au lieu de le perturber. Nous n’employons donc ni pesticides ni engrais chimiques. Mais, nous voulions encore aller plus loin et nous avons opté pour une gestion contrôlée de la nature.

 

Les libelles qui bourdonnent et les chevres joyeuses.

Bart En 2009 nous avons restauré un étang de bien cent ans. Cela a mis du temps, mais maintenant il fourmille de têtards, de libellules et de canards. Une riche vie végétale a réapparu comme l’épilobe et la reine des prés. Nous avons replanté des saules autour des prés, comme avant : en partie pour l’utilisation de leur bois pour notre poêle mais aussi par ce que le saule est un arbre idéal pour la nidification des chouettes entre autres. Les haies de la région comme l’érable, l’aubépine ou charme protègent nos parcelles et nos animaux. Car nous voulons les maintenir en plein air le plus longtemps possible. C’est très drôle de les voir se bousculer à la clôture pour sortir après un long hiver.  

 

Atout trèfle

Bart Les chèvres joyeuses, cela demande des prés folâtres. C’est pourquoi nous semons beaucoup de trèfle. Le trèfle extrait l’azote de l’air et fournit ainsi des prairies riches. C’est ce qu’on goûte au lait de chèvre (riche en acides gras oméga 3 et oméga 6) et par conséquent à nos fromages. J’aime innover à ce niveau. C’est comme un cuisinier qui est toujours à la recherche d’herbes parfaites pour ses plats. Ainsi, je sème également des pissenlits dans mon herbe, tout comme l’achillée et la chicorée sauvage. Les premières années, on ne remarque pas grand-chose, mais après cinq ans environ, il y avait tout d’un coup plus de taupinières, de vers et autour des champs ont apparu des vanneaux, des chouettes et des faucons. La nature fonctionne à merveille et c’est notre tâche de maintenir de façon la plus pure ces délicats courants des prés par le biais de nos chèvres qui nous fournissent nos fromages.